Storyboard : définition, exemples et méthode, jusqu’à l’animatique dans Blender
En bref
Un storyboard est une suite de dessins, une case par plan, qui montre un film ou une animation avant sa fabrication : cadrage, action, mouvement de caméra, dialogue et durée. Né chez Disney au début des années 1930, il sert à fixer le découpage et à repérer les problèmes avant qu’ils coûtent cher. Monté en vidéo avec le son, il devient un animatique. Blender 5 a un modèle Storyboarding dédié.
- Une case = un plan : cadre au format de l’image finale, action, flèches de caméra, dialogue, durée et numéro.
- Animatique : les cases montées en vidéo, minutées, avec les voix et le son.
- Dans Blender 5 : File > New > Storyboarding, une scène par plan, dessin au Grease Pencil, montage dans le Video Sequencer.
- Avant le rendu : l’animatique fixe le nombre d’images de chaque plan, donc le temps de calcul.
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Les menus, cités en anglais, sont vérifiés dans le manuel et le code source de Blender 5.2.
Qu’est-ce qu’un storyboard ?
Un storyboard est la version dessinée d’un film, plan par plan, réalisée avant le tournage ou l’animation. Sa mise en page ressemble à celle d’une bande dessinée : chaque case représente un plan, parfois en plusieurs dessins, et l’ordre des cases est celui du montage final. On y lit ce que la caméra montre, ce qui se passe dans le cadre, comment la caméra bouge et combien de temps dure le plan.
En animation, le storyboard est l’étape où l’histoire devient des images. Il arrive après le scénario et avant tout le reste : modélisation, rigging, animation, éclairage, rendu. Le guide de l’animation 3D replace cette étape dans la chaîne complète de fabrication.
D’où vient le storyboard ?
Sous sa forme moderne, le storyboard est né aux studios Disney au début des années 1930. Walt Disney attribuait l’idée à l’animateur Webb Smith : dessiner chaque scène sur une feuille séparée, puis épingler les feuilles sur un panneau pour raconter l’histoire dans l’ordre. D’autres témoignages en créditent Ted Sears, passé par les studios Fleischer avant Disney. Selon la biographie écrite par la fille de Walt, Diane Disney Miller, les premiers storyboards complets ont été faits pour le court métrage Three Little Pigs, en 1933. En 1937 ou 1938, tous les studios d’animation américains travaillaient ainsi.
Le cinéma en prises de vues réelles a suivi. Pour Autant en emporte le vent (1939), l’un des premiers films entièrement storyboardés, le producteur David O. Selznick avait confié à William Cameron Menzies le dessin de chaque plan.
Ce que contient une case de storyboard
Une case utile répond à six questions, dans le dessin ou dans les notes en dessous :
- Quel plan ? Un numéro de séquence et de plan, pour retrouver la case dans le montage et dans les fichiers.
- Quel cadre ? Le rectangle a les proportions de l’image finale : 16/9 pour du 1920 × 1080, par exemple. Un dessin fait dans un carré ne dit rien du cadrage réel.
- Quelle valeur de plan et quel angle ? De loin ou de près, en plongée ou en contre-plongée.
- Quel mouvement ? Des flèches pour le déplacement des personnages et pour celui de la caméra (travelling, panoramique, zoom).
- Qu’entend-on ? Le dialogue, la voix off, un bruit important.
- Combien de temps ? La durée du plan, en secondes ou en images.
Les valeurs de plan à connaître
La valeur de plan décrit la taille du sujet dans le cadre. Les termes français les plus courants, du plus large au plus serré :
- Plan général : le décor entier, une ville ou un paysage.
- Plan d’ensemble : un lieu de la taille d’une rue, où l’on distingue les personnages.
- Plan moyen : un ou plusieurs personnages en pied.
- Plan américain : les personnages cadrés à mi-cuisses.
- Plan rapproché : à la taille, puis à la poitrine.
- Gros plan : un visage, pour lire une émotion.
- Très gros plan : un détail, des yeux, une main sur un objet.
Deux usages de montage aident à dessiner des enchaînements qui fonctionnent : entre deux plans pris dans le même axe, on saute en général une valeur de plan ; à valeur égale, on déplace la caméra d’au moins 30 degrés. Sinon, la coupe donne l’impression d’un saut d’image. Le réglage de la focale et du cadre dans Blender est expliqué dans le guide de la caméra Blender.
Storyboard, animatique et animatique 3D
Le storyboard est fait d’images fixes. L’animatique (en anglais animatic) est une suite de ces images montée en vidéo : chaque case reste à l’écran le temps du plan, avec les voix et le son. On y juge le rythme, ce que le papier ne permet pas : un plan trop long, une réplique coupée, une action qui va trop vite.
En 3D, beaucoup de studios passent ensuite à l’animatique 3D, ou layout : les décors simplifiés, les personnages en pose et les vraies caméras sont placés dans la scène, puis rendus rapidement. Le manuel de Blender décrit cette pratique comme le pont entre le storyboard dessiné et la prévisualisation en 3D.
Comment faire un storyboard, étape par étape
- Partez du texte. Scénario, script de publicité ou simple synopsis : découpez-le en séquences, puis en plans.
- Faites la liste des plans avec une ligne par plan : lieu, personnages, action, durée estimée.
- Préparez des cadres vides aux proportions de l’image finale, trois à six par page, avec de la place pour les notes.
- Dessinez vite. Des silhouettes et des formes simples suffisent ; l’important est la position des sujets dans le cadre et la direction des regards.
- Annotez les mouvements avec des flèches, puis le dialogue et la durée sous chaque case.
- Numérotez séquences et plans, et gardez ces numéros pour nommer les fichiers de la production.
- Montez l’animatique avec la voix témoin ou la musique, puis corrigez le storyboard là où le rythme ne fonctionne pas.
Faire un storyboard dans Blender
Blender rassemble les trois outils du storyboard : le dessin avec le Grease Pencil, la mise en place 3D et le montage dans le Video Sequencer. Depuis la version 5.0, un modèle de fichier les réunit.
- Ouvrez File > New > Storyboarding. Le modèle reprend celui de la 2D Animation et ajoute un Video Sequencer réglé pour gérer les plans.
- Le fichier contient une scène Edit, qui porte le montage (10 secondes par défaut), une scène modèle Shot.000 marquée comme asset, et deux plans d’exemple, Shot.001 et Shot.002, de 2 secondes chacun.
- Chaque plan est une scène, avec sa caméra, sa durée et ses dessins au Grease Pencil. Pour en créer un, dupliquez Shot.000 dans le Sequencer : les scènes marquées comme assets apparaissent dans Add > Scene.
- L’option Sync Scene Time, dans les commandes de lecture du Sequencer, fait suivre la scène active : en faisant défiler le montage, la vue 3D affiche le plan sous le curseur.
- Déplacez et raccourcissez les bandes dans le Sequencer pour changer l’ordre et la durée des plans.
Le dessin lui-même se fait avec l’objet Grease Pencil, en 2D devant la caméra ou directement dans l’espace 3D. Ses outils et ses calques sont présentés dans le guide du Grease Pencil dans Blender.
Avant Blender 5.0, le point de départ était le modèle 2D Animation, avec l’add-on Storypencil pour gérer les plans. Livré avec Blender jusqu’à la version 4.1, il est depuis proposé sur extensions.blender.org ; son auteur précise qu’il ne fonctionne pas dans Blender 5.0, dont les outils natifs reprennent une grande partie de ses fonctions.
Monter l’animatique dans le Video Sequencer
- Des dessins scannés ou exportés s’ajoutent comme bandes image : une image fixe y dure 25 images par défaut, une durée réglable au moment de l’ajout ou ensuite, en étirant la bande.
- Ajoutez la voix témoin ou la musique en bande son, puis calez chaque plan dessus. L’outil Extend du Sequencer allonge ou raccourcit les bandes autour de la tête de lecture : le manuel le cite justement pour retoucher le minutage d’un animatique.
- Pour exporter la vidéo, faites de la scène Edit la scène active, puis vérifiez dans ses Output Properties > Post Processing que la case Sequencer de la ligne Pipeline est cochée : le rendu sort alors le montage, y compris les bandes de scènes. Le choix du format vidéo est détaillé dans le guide pour enregistrer une animation Blender en MP4.
Les erreurs fréquentes
- Dessiner trop bien. Un storyboard se refait plusieurs fois ; le temps passé sur les détails est perdu à chaque version.
- Oublier le format. Des cases carrées pour un film en 16/9 faussent tous les cadrages.
- Ne pas noter les durées. Sans elles, impossible d’estimer la longueur du film ni la charge de travail.
- Sauter l’animatique. Un rythme qui semble juste sur papier peut traîner à l’écran.
- Changer le montage après le rendu final. C’est l’erreur la plus chère en 3D, détaillée ci-dessous.
Ce que le storyboard change au temps de rendu
En animation 3D, le rendu final est la dernière étape et souvent la plus longue : chaque image peut demander de plusieurs secondes à plusieurs minutes de calcul. Un plan rallongé, coupé ou recadré après ce rendu doit être recalculé, et les images supprimées au montage ont été payées pour rien, en heures de machine ou en électricité.
L’animatique fixe le nombre d’images de chaque plan avant le premier rendu final. C’est ce chiffre qui permet d’estimer la durée de calcul d’un projet, par exemple avec le calculateur de temps de rendu. Pour les versions intermédiaires, préférez un rendu rapide : le Viewport Render de Blender fonctionne avec Workbench et EEVEE, pas avec Cycles, et suffit pour vérifier un mouvement de caméra.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un storyboard ?
Un storyboard est une suite de dessins, une case par plan, qui montre un film ou une animation avant sa fabrication : cadrage, action, mouvement de caméra, dialogue et durée. Il se lit dans l’ordre du montage final, comme une bande dessinée annotée.
Quelle différence entre un storyboard et un animatique ?
Le storyboard est fait d’images fixes. L’animatique (animatic) monte ces images dans une vidéo, avec la durée de chaque plan, les dialogues et le son. Il sert à juger le rythme avant d’animer ou de rendre quoi que ce soit.
Comment dit-on storyboard en français ?
L’Office québécois de la langue française recommande « scénarimage ». En France, on emploie le plus souvent le mot anglais, storyboard.
Quel logiciel gratuit pour faire un storyboard ?
Blender, libre et gratuit, propose depuis sa version 5.0 un modèle Storyboarding (File > New > Storyboarding) : un plan par scène, le dessin au Grease Pencil et un montage dans le Video Sequencer. Un crayon et des cadres imprimés suffisent aussi pour commencer.
Faut-il savoir dessiner pour faire un storyboard ?
Non. Un storyboard doit être lisible, pas beau : des silhouettes, des flèches et des annotations suffisent. Beaucoup d’équipes 3D remplacent d’ailleurs le dessin par une mise en place rapide de mannequins et de caméras.
Combien de cases faut-il dans un storyboard ?
Au moins une par plan. Un plan avec un mouvement de caméra ou une action longue en demande deux ou trois : le début, le moment clé et la fin. Le nombre total dépend donc du découpage, pas de la durée du film.
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